Le tour d’écrou

 Opéra en un Prologue et deux actes de Benjamin Britten, op. 54.

Livret de Mifanwy Piper.le tour d'ecrou

Nous avons célébré le centenaire de la naissance de Benjamin Britten, considéré comme le refondateur du théâtre lyrique anglais. Purcell n’avait pas eu de véritable successeur, Haendel, cosmopolite, écrivait en italien, et il fallut attendre plus d’un siècle et demi pour assister à l’émergence de la langue anglaise comme langue d’opéra capable de rivaliser avec les autres langues européennes.

Le Tour d’écrou (The Turn of the screw), créé en 1954 à Venise et neuvième des treize opéras de Britten, s’est rapidement imposé comme un des ouvrages majeurs du XXème siècle. Le style musical de l’auteur, très attentif à la beauté de l’expression vocale et à l’écart des dogmes de l’atonalisme dominant l’après-guerre, les dimensions réduites de l’œuvre, y sont pour beaucoup. Mais le sujet aussi.

Il s’agit de l’adaptation d’un roman de Henry James publié en 1898, en pleine époque victorienne donc. Homosexuel assumé à une époque où la loi anglaise réprimait durement ce type de préférence, préoccupé par le sort des innocents que la société corrompt ou brise — ce dont tous ses opéras portent la trace — attiré par les auteurs énigmatiques et défricheurs du réel (Rimbaud, Melville, Mann, Owen…), Britten s’était intéressé très tôt à James. Le Tour d’écrou réunit en effet génialement un ensemble de thèmes chers au compositeur et qui résonnent pour nous d’une actualité toujours renouvelée : ambiguïté sexuelle, poids de l’éducation, du milieu et des conventions, innocence de l’enfance maltraitée, sentiments cachés et pulsions obscures, sont ici exposés avec une maîtrise digne de la psychanalyse naissante, mais à différents niveaux de lecture — fantastique et réalisme, rêve et critique sociale, conte cruel et drame des âmes égarées, énigme policière et spirituelle enfin. Le titre se traduit littéralement par « l’exercice d’une pression morale ».

L’histoire est celle d’une jeune Gouvernante envoyée prendre soin de deux orphelins (Miles et Flora) gardés par une vieille servante (Mrs. Grose). Mais le tuteur qui l’engage met une condition à l’emploi : quoi qu’il arrive, elle ne devra jamais le contacter ni réclamer son aide. Or rôdent sur le domaine les fantômes monstrueux de deux personnages-clés du drame qui, on le comprend très vite, s’est déjà déroulé là : l’ancien intendant du domaine (Peter Quint) et la précédente gouvernante (Miss Jessel). Sont-ils un pur produit de l’imagination de la jeune femme ? Les enfants sont-ils réellement innocents ? L’histoire se répète-t-elle sans fin ? La gouvernante engage un combat inquiétant, qui tournera à la catastrophe.

Depuis un très long temps, le Grand Théâtre de Calais avait abandonné toute ambition de produire lui-même des spectacles lyriques. Il renoue avec cette tradition indispensable en s’alliant à la jeune association audomaroise Lyric & Co, dont l’objectif est à la fois de faire rayonner le patrimoine musical du Nord/Pas-de-Calais et de soutenir une vie lyrique régionale déconcentrée.

Avec :

Rayanne Dupuis  La Gouvernante

Clara Guillon Miles

Capucine Meens  FloraLE TOUR D'ECROU Calais Mars2013

Joëlle Fleury Mrs. Grose

Anne-Cécile Laurent Miss Jessel

Georges Gautier Peter Quint

Yves Vandenbussche  Le Narrateur/Le Tuteur

Aïda Bousselma Chef de chant

Yannick Deroo Percussions

Nicolas Krüger  Piano et direction musicale

Mise en scène : La compagnie Lyric & Co

Lumières Compagnie Ponctuelle (Paris)

Le  6 mars 2013 à 20 h 30.

Spectacle chanté en anglais, sous-titré en français.

Durée : 1 h 45 environ.

Ce spectacle a bénéficié du soutien amical de l’Orchestre National de Lille, du Conservatoire à rayonnement départemental de Calais, de la Cité Internationale de la Dentelle et de la Mode de Calais.

LE TOUR D'ECROU Calais Mars2013


 
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