Les floriléges de Florimond

MAIS QUI EST DONC CE… FLORIMOND 

…Un personnage unique dans l’histoireFLORIMONF de la musique ! Et d’autant plus unique… qu’il est double !

Pianiste, organiste, chef d’orchestre, ténor, librettiste et surtout compositeur, il produira plus de 110 ouvrages lyriques où se conjuguent folie et tendresse ; des ballets et de nombreuses chansons… qu’il signe du pseudonyme de HERVE…. C’est le second personnage ! Mais l’inspiration exceptionnelle du musicien lui permet parallèlement de composer quantité de musique religieuse d’une intensité méditative confondante, qu’il signe de son véritable nom : Florimond RONGER… C’est le premier personnage !

Il est le deuxième enfant issu du mariage d’un ex-grenadier de l’Empereur Napoléon 1er devenu gendarme, et d’une Espagnole, Maria-Conception d’Arbilla, qu’il amena avec lui à Aubin-Saint-Vaast, son village, pour l’épouser. Une mutation administrative amène les Ronger à Houdain : c’est là que naît Florimond, le 30 juin 1825. Il a dix ans lorsque son père décède. Avec ses trois enfants, Maria-Conception part à Paris où elle trouve un modeste emploi à la paroisse Saint-Roch dans laquelle Florimond devient enfant de chœur. Sa voix claire est remarquée par le prêtre qui oriente le jeune garçon vers la musique. Conséquence de ses progrès fulgurants : il entre au conservatoire dans la classe d’Elwart. Maîtrisant rapidement le piano et l’orgue, il compose dès l’âge de quinze ans, et cinq ans plus tard, obtient le poste convoité d’organiste à l’église Saint-Eustache. Mais, le soir, pour étoffer ses revenus, il exploite sa voix de ténor dans les théâtres parisiens. Troquant à la scène le nom de Ronger pour celui de Hervé, il compose et interprète de petites pièces lyriques fort drôles, d’une qualité musicale exceptionnelle. Le duc de Morny, demi-frère de l’Empereur Napoléon III, apprécie l’esprit peu banal de cet artiste et lui offre, dès 1854, la possibilité d’ouvrir son théâtre (l’actuel Dejazet). Pour ses « Folies-Nouvelles », Hervé va élaborer, à la cadence incroyable d’une oeuvre nouvelle tous les quinze jours, un style nouveau dont il est l’instigateur : « l’opéra bouffe » français !

Hélas, en 1856, condamné dans une navrante histoire de mœurs, Hervé doit renoncer à Paris durant deux ans. Dessaisi de son théâtre, abandonné par femme et enfants, il part chanter en Province les rôles de ténor du grand répertoire lyrique. Pendant ce temps Offenbach fait « cavalier seul » et magnifie ce genre musical pourtant créé et lancé par Hervé. Celui-ci retrouve Paris en 1858 et, déterminé à rattraper son retard, va dès 1866, rivaliser avec le père de La Vie Parisienne grâce à des partitions d’envergure comme L’Oeil crevé (1867), Chilpéric (1868), Le Petit Faust et Les Turcs (1869). Les conséquences du conflit franco prussien de 1870 font passagèrement bouder l’opéra bouffe et l’incessante production lyrique de Hervé rencontrera des réussites inégales. En revanche, après le succès qu’y a remporté Chilpéric, Londres réagit parfaitement à l’esprit et farfelu et délicat de la musique de Hervé qui, de ce fait, s’établit en Angleterre et compose dès lors pour les deux capitales. Si Mam’zelle Nitouche (1883), constitue son dernier triomphe parisien, les ovations anglaises ne sont pas en reste pour saluer d’abord sa symphonie dramatique avec chœurs : Achantee-war  (1874), puis son opéra-comique Frivoli (1886), et enfin la série de grands ballets Cleopatra, Diana, Dilara… etc., qu’il compose entre 1887 et 1890. A ce moment, Hervé avec sa compagne britannique, revient définitivement à Paris où la critique malmène Bacchanale, son ultime partition (1892). Moralement blessé ; physiquement épuisé par son incessant travail et ses perpétuels voyages, le compositeur meurt le 3 novembre 1892, dans une crise d’asthme dont il a toujours souffert.

Page de presse
Article de presse de Bernard Crétel

Mais celui dont la musique des ouvrages théâtraux passe du comique échevelé au tragique profond avec un savoir-faire stupéfiant… qui, d’ailleurs, ne se prend jamais au sérieux, Hervé l’incroyable, a fait oublier le fabuleux Florimond Ronger, organiste et compositeur de pages religieuses considérables et de pièces pour orgue. Ses ô salutaris, magnificat et autre ave maria ainsi que ses messes importantes, révèlent un impressionnant langage musical qui exprime une science étonnante de l’harmonie, un connaissance accomplie de la composition pour orgue seul, ou avec accompagnement de violon ou de cor. En outre, son utilisation raffinée de la richesse vocale et chorale, affirme sa culture experte qui résulte de ses études pointues et de son enseignement solide, de toute évidence appris attentivement durant ses années de jeunesse passées dans les manécanteries. Si les opéras bouffe de Hervé, après avoir été boudés durant des lustres semblent enfin revenir doucement sur nos scènes françaises avec succès, la découverte et la mise en lumière de la musique religieuse de Florimond Ronger constitue un événement sans précédent. La révélation tant attendue de pièces pour orgue totalement inédites surprendra les amateurs de musique sacrée et donnera une dimension nouvelle à l’œuvre de ce compositeur, en démontrant combien son oubli fut immérité. Réhabiliter Florimond Ronger – Hervé, n’est-ce pas le plus bel hommage que peut lui rendre son département natal ?

Dominique GHESQUIERE

NOTE D’INTENTION PAR YVES VANDENBUSSCHE

« … Qu’a-t-on fait, je vous le demande, pour la musique de nos compositeurs ? Que sont devenues tant de pages, tour à tour austères, sublimes ou gracieuses, qui ont fait les délices de nos pères et provoqué l’enthousiasme universel ? Où retrouver, où ressaisir ce glorieux héritage des siècles ? Qui, d’ailleurs, en peut maintenant apprécier la valeur ? Qu’en reste-t-il ? Quelques feuillets poudreux dans quelques rares bibliothèques, d’où personne ne se soucie guère de les tirer… » CHARLES VERVOITTE (1819 – 1884), Aire-sur-la-Lys.

Le Pas de Calais est une terre privilégiée pour les harmonies intimement liées aux mines et pour les chorales. Connaissant toutes les deux un véritable essor au 19e siècle, elles font officiellement partie de toutes les fêtes et tendent à prendre une place aussi grande que celle donnée aux autres arts. Dans toute l’Europe, l’art choral est désormais du domaine public, tous ces éléments identitaires sont indispensables à la vie musicale de la région, mais ce que l’on sait moins, ce sont ces nombreux compositeurs natifs du Pas de Calais qui ont eux aussi marqué leur époque et ont su donner une identité tout aussi singulière dans le paysage du nord de la France.

Malheureusement, le fait que le Pas de Calais soit riche musicalement est souvent oublié. Et pourtant cette terre a vu naître une vingtaine de compositeurs, couvrant ainsi plus de 8 siècles de vie musicale, face à cette richesse et à cette diversité musicale est né Jean Mouton pour la musique polyphonique du 15e siècle, Jehan Titelouze qui a créé l’école d’orgue français, Pierre Alexandre Monsigny créateur du genre opéra-comique, Hervé, père de l’opérette, contemporain de Jacques Offenbach, qui a lancé Léo Delibes et nos compositeurs vivants, Didier Lockwood, Max Méreaux, Jean-Philippe Vanbeseleare, Samuel Ternoy qui sont la relève de ces pères illustres.

YVES VANDENBUSSCHE

DISTRIBUTION 

Joelle Fleury, Soprano

Yves Vandenbussche, Ténor

Samuel Dobrakwoski, Organiste

Hélène Salem, Violoniste

Denis Kowandi, Saxophoniste.

CHOEUR LES BALADINS DE ST-OMER

PROGRAMME 

LES FLORILÈGES DE FLORIMOND

Oeuvres religieuses de nos compositeurs du Nord-Pas-de-Calais.

1er mondiale des pièces religieuses de Florimond Ronger dit Hervé.

 1er partie

Les plus belles pieces religieuses de plusieurs compositeurs de la région du Nord–Pas-De-Calais.

 2nd partie

1er Mondiale des Oeuvres Religieuses de Florimond Ronger dit Hervé, natif d’Houdain dans le Pas-De-Calais.

 Jehan titelouze, natif de Saint-Omer (16e siècle) Interprètes: Yves Vandenbussche, Ténor – Samuel Dobrakwoski, Organiste                                    

Guillaume Dufay, natif de Cambrai (15e siècle) – Interprètes: Denis Kowandi, Saxophoniste – Samuel Dobrakwoski, Organiste                                         

Eugene Bozza, mort à Valenciennes (20e siècle) –  Interprètes: Denis Kowandi, Saxophoniste – Samuel Dobrakwoski, Organiste                                                                                                       

Alexandre Guilmant, natif de Boulogne sur Mer (19e siècle) – Interprète: Samuel Dobrakwoski, Organiste

Hervé, Magnificat pour orgue (19e siècle) Interprète: Samuel Dobrakwoski, Organiste

Toutes les pièces avec orgue sont interprétées sur le grand orgue Cavaillé-Coll de la cathédrale de Saint-Omer.